Thierry Papart
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Dans ce Chemin de Croix, Thierry Papart jette à la figure une humanité douloureuse mais invaincue. Comme ceux d’Alberto Giacommetti, ses personnages longilignes sont efflanqués. Ils ne sont cependant nullement décharnés : même triste, exténuée, relâchée, fondue, réduite à son minimum, leur chair est bien là, leur chair vivante d’humains vivants que le sculpteur a violentée, déformée, sans lui enlever pour autant son austère dignité. Corps parfois enveloppés d’une manière de linceul, visages dépersonnalisés mais expressifs – on songe à ce vers de Baudelaire « ses yeux profonds sont faits de vide et de ténèbres » -, ils n’ont pas abdiqué, même lancés sur le chemin de la pétrification, même partiellement tirés vers le végétal et l’arbre momifié. Ils vibrent d’expression contenue mais comme amplifiée, démesurément pour réveiller en nous les émotions, les sentiments pudiquement contraints. Ces silhouettes de bronze, fragiles, ne servent qu’à faire surgir l’homme qui est en nous et, nous mettant à la suite de cet homme-là, dans sa passion évoquée, nous conduire à des relevailles. A une résurrection. « Voici l’Homme ! »